Paris Belle Époque


Belle époque que celle qui, entre les guerres de 1870 et de 1914, a ouvert la France à la modernité. La musique y prend des allures de manifeste plus que d’école, stimulée par les travaux de Berlioz qui ont éveillé à la singularité française au cœur du romantisme allemand, inspirée par la redécouverte des très classiques Rameau et Couperin. Des aînés – Franck, Saint-Saëns, Massenet, Fauré et Chausson – aux jeunes générations – Bonis, Debussy, Halphen, Ravel, Boulanger et Tailleferre –, compositrices et compositeurs hissent cet héritage par-delà l’hommage, de façon inégalement révolutionnaire mais toujours innovante, et érigent le « goût français » en identité. La clarté et l’élégance mais aussi « ce précis et ce ramassé dans la forme » salué chez Rameau par Debussy deviennent les maîtres mots d’une musique française émancipée, qui ne dédaigne ni puiser à des horizons lointains – ballet russe, Espagne fantasmée ou antique Orient alors en vogue – ni dialoguer avec les autres arts.

Pour refléter la variété de styles et la multiplicité de formes qui innervent la musique de chambre française entre 1880 et 1917, la Musikfest Parisienne propose cette année un festival synchronique et polyphonique, traversé d’illustres auteurs comme de noms moins connus. Les 17, 20 et 21 mai 2022, elle accueille une vingtaine de musiciens hors pairs, qui embrasseront ensemble, de la sonate au quintette en passant par le piano à quatre mains, l’immense richesse de cette esthétique française à la paternité partagée.